j'l'écoute en boucle # 49 : un peu de rétro pédalage musical !

Publié le par martine chiorino

j'l'écoute en boucle # 49 : un peu de rétro pédalage musical !

Judee SILL est une des ces artistes de génie injustement méconnue au destin tragique, selon la formule consacrée.
Née en 1944 aux USA, elle commence à se produire dans la rue et dans des bars, avec un répertoire folk qui attire l'attention du mythique producteur David Geffen. Elle sera la 1ère signature de son label Asylum en 1971, à 27 ans.
Après, leurs rapports ont été compliqué. Geffen révélera publiquement son homosexualité en 1992 (en 2007, le magazine Out lui attribue la 1ère place dans leur classement des 50 personnalités gays les plus influentes des USA), mais Judee SILL (elle même bisexuelle) l'aurait outé sur une radio à l'époque, ce qui aurait conduit Geffen à la mettre de côté...
Son premier album (sorti donc chez Asylum) est un petit bijou folk aérien à l'écriture resserrée où la voix de la Californienne est dupliquée et superposée afin de donner à sa musique une dimension chorale quasi céleste. L'ambition de la chanteuse est alors, d'être "la plus grande songwriteuse au monde", ce qu'elle pourrait devenir. Mais cet album ne rencontre pas son public (peut être car il n'est pas soutenu ni promu par Geffen comme il aurait du l'être), pas plus que Heart Fool, son second opus de 1973. Cependant elle sera reconnue par ses pairs et fera les 1ères parties de stars de l'époque comme David Crosby et Steve Nash, qui l'aident. Nash va même jusqu’à coproduire le premier album de ce talent exceptionnel.

Sa vie personnelle est digne d'un film noir : elle a 8 ans quand son père meurt d’une pneumonie. A 15 ans et pour échapper à la misère, à la violence et aux brimades domestiques, elle fuit le domicile familial pour succomber aux charmes d’un homme plus âgé, se trouvant être un truand de haute volée. A 17 ans, elle se marie et divorce, avant de se faire arrêter pour des vols à main armée. Lorsqu’elle sort à 19 ans d’une année en maison de redressement, elle apprend que sa mère (alcoolique) et son frère sont décédés. Ayant découvert durant sa détention la musique sacrée, elle se met alors à composer des chansons explorant souvent des thèmes chrétiens comme la rédemption. Mais la drogue (héroïne et cocaïne) et l'alcool font aussi partie du paysage, elle fait des overdoses. Elle se tourne vers la religion, puis le mysticisme et l'occultisme, les rose-croix, s'intéresse à Pythagore....Elle a des problèmes de santé. Elle se remarie, finit par vivre dans un camping. Après avoir connu le faste des résidences hollywoodienne remplies de groupies, elle a sombré dans la misère, et se prostitue pour survivre. Elle finit par mourir oubliée d'une overdose de cocaïne en 1979 à 35 ans.

Mais son souvenir perdure, critiques et aficionados gardent ses chansons vivantes. Elle est une référence pour des pointures comme Warren Zevon, Andy Partridge de XTC, et David Tibet de Current 93. En 2005, grâce à la réédition de ses deux albums et du mixage de ses démos inédites par le mythique Jim O’Rourke, son génie harmonique est reconnu et salué par une nouvelle génération de héros folk tels Bonnie Prince Billy et les Fleet Foxes (ce n'est pas peu dire!).

Nous vous conseillons les CD suivants, facilement trouvables à des prix normaux :
-la compilation de ses deux albums studio "abracadabra : the asylum years"
-le disque en concert "live in london : BBc recording 1972-1973"

Et voici pour le plaisir des oreilles un des rares enregistrements live de Judee SILL, lien en dessous.
Set list :
"The Lamb Ran Away with the Crown", "Jesus Was a Crossmaker", "The Last Resort", "The Kiss", and "Soldier of the Heart".




 

Publié dans musique

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