un festival gay, gay, gay !

Publié le par martine chiorino

un festival gay, gay, gay !

Chéries, chéris, le festival de film LGBTQI + de Paris se tiendra du 14 au 24 novembre au mk2 Beaubourg, mk2 Quai de Seine et mk2 Bibliothèque.

Au menu :
-12 longs-métrages de fiction.
-Ammonite (dont nous avons longuement parlé ici) en avant première.
-Noémie Merlant (Portrait de la jeune fille en feu), Soko (Augustine) dans A Good Man, qui  raconte l'histoire d'un homme transgenre (Noémie Merlant) qui, face à la stérilité de sa compagne (Soko), décide de porter lui-même leur enfant.
-Un printemps à Hong Kong de Ray Yeung une romance entre deux hommes ayant passé toute une vie à dissimuler leur homosexualité.
-le drame érotique du Brésilien Daniel Nolasco Vent chaud, présenté lors de la dernière Berlinale.
-le récit initiatique argentin de Marco Berger Le Prédateur.
-
lors d'une séance spéciale, le cinéaste culte Bruce LaBruce viendra lui-même présenter son dernier long-métrage, Saint-Narcisse récemment projeté à la Mostra de Venise.
-Showgirls (1996) de Paul Verhoeven aura droit à une projection.
-une Renaissance Noire permettra, dans le contexte du mouvement Black Lives Matter, de (re) découvrir des films tels que : The Watermelon Woman (1996) de Cheryl Dunye, Black Is… Black Ain't (1995) de Marlon Riggs, The Passion of Remembrance (1986) de Maureen Blackwood et Isaac Julien. Dans A Place of Rage (1991) de Pratibha Parmar, vous pourrez écouter Angela Davis parler de la situation des femmes afro-américaines aux Etats-Unis.
(lire texte de présentation en bas)
-et
des documentaires dont Petite fille de Sébastien Lifshitz sur le quotidien d'une enfant transgenre, ainsi que Bare d'Aleksandr M. Vinogradov, une coproduction americano-belge dans les coulisses d'un ballet imaginé par le chorégraphe Thierry Smits.

Une Renaissance noire

Au cours de l'année 2020, le mouvement étatsunien Black Lives Matter a pris une portée sans précédent, continuant à rappeler l'importance de la vie de personnes noires et à condamner les menaces systémiques à leur encontre. Trouvant un écho dans les affaires françaises de violences policières et de discriminations racistes, ce message a atteint notre rive de l'Atlantique et des voix se sont élevées pour demander la fin de ces violences et exiger l'égalité. Tout cela nous a motivé à concocter ce programme de films de patrimoine qui, dès les années 80 et 90, posaient les bases de nos réflexions.Très tôt, dès les années 70 et 80, des voix ont porté le récit d'expériences noires et homosexuelles. Parmi celles-ci, les courants du Black Feminism et de la Black Gay Renaissance (et leurs auteur·e·s comme Audre Lorde, Barbara Smith, Essex Hemphill ou Joseph Beam) ont inspiré le cinéma de Marlon Riggs, Cheryl Dunye, Isaac Julien et bien d'autres. Ces cinéastes, essentiel·le·s à l'histoire du cinéma LGBT et dont les noms appartiennent aussi au courant avant-gardiste du New Queer Cinema, reviennent cette année sur les écrans de votre festival Chéries-Chéris. Nous les avions en effet accueillis dès 1994, aux premières heures du festival, des années où la créativité et les initiatives communautaires se sont accélérées dans le contexte d'urgence de l'épidémie de vih/sida.Aujourd’hui, les intérêts qui animent ces œuvres nous parlent encore, et leur (re)programmation nous permet aussi de prendre du recul dans notre rapport à l'actualité.Les films présentés s'inscrivent dans le mouvement antiraciste depuis l'extérieur de la norme hétérosexuelle, en explorant l'idée même d'identité. Leur combativité va de pair avec l'émergence de nouveaux styles documentaires ou fictionnels, et parfois hybrides. Les thèmes emblématiques du cinéma queer (la sexualité, l'intimité, la communauté, le corps, les discriminations) sont revisités à travers l'histoire des personnes noires, de leurs vies intimes et de leurs luttes. Riches d'une incontestable singularité, les récits au cœur de ces œuvres appartiennent aussi à un destin commun, encombré de l'héritage colonial, esclavagiste, raciste, machiste et hétéronormatif. Leurs auteur·e·s en ont conscience, et le fait que l'on repère les noms de chacun et chacune circulant d'un générique à l'autre confirme cette énergie collaboratrice, cette volonté d'affirmer leur existence par un acte de création collectif.Voici cinq séances pour stimuler notre «passion du souvenir », cette obsession qui nous invite à nous confronter à l'Histoire ; à nous remettre continuellement à 'épreuve des luttes menées, jamais définitivement gagnées, et à nous emparer de leur héritage.

 
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