(jeu#88) une rencontre avec gorge profonde, ça vous dit ?

Publié le par martine chiorino

(jeu#88) une rencontre avec gorge profonde, ça vous dit ?
(jeu#88) une rencontre avec gorge profonde, ça vous dit ?
(jeu#88) une rencontre avec gorge profonde, ça vous dit ?

Notre première chronique de jeu post confinement, nous n'en avions pas fait pour ne pas que des commandes affluent au détriment de la sécurité des préparateurs et livreurs, et en attendant que les magasins réouvrent.
Notre premier achat de jeu depuis le début du confinement, fait après sa fin dans notre boutique locale.

Comme vous l'avez en conséquence deviné, nous allons parler de WATERGATE.
Il s'agit d'un jeu de cartes pour deux joueurs et une durée de partie d'environ 3/4 heure. Il est donné pour un poids (difficulté) de 2,3 / 5 sur BGG.

VIDEO d'une partie lien en bas

-c'est qui qui l'a fait ?
Paru à l'origine chez  Frosted Games et localisé en France par Iello, illustré par Klemens Franz (Agricola, Caverna, Lorenzo il Magnifico…)  et créé par l'allemand Matthias Cramer (dans le milieu du jeu depuis 2010) auteur de Lancaster (nommé au Spiel, jeu de l'année 2012 aux Pays Bas), Maitres Couturiers (nommé au Spiel), Glen More, etc...

-c'est quoi ?
C'est basé sur des faits historiques :

Le scandale du Watergate est une affaire d'espionnage politique qui aboutit, en 1974, à la démission de Richard Nixon, alors président des États-Unis. L'affaire, complexe, commence en juin 1972 avec l'arrestation de cinq hommes, à l'intérieur de l'immeuble du Watergate, dans les locaux du Parti démocrate à Washington.
Ce qui ressemble à une tentative ratée de cambriolage amène les journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein du Washington Post à ouvrir une enquête approfondie. Deux ans plus tard, en 1974, le président Richard Nixon démissionne de son poste pour éviter la destitution.
Un des principaux protagonistes est l'informateur connu sous le sobriquet de "gorge profonde" (deep throat). Dès le début de l'affaire, Woodward reçoit des informations essentielles de la part de gorge profonde, qui se révèlera être Mark Felt, no 2 du FBI au moment des faits. Prenant des précautions extrêmes pour rencontrer Woodward, il l'aide à décrypter les rôles des protagonistes et les enjeux, indique les éléments à creuser, mais oriente les journalistes plus qu'il ne les guide, par exemple sur la piste de l'argent, résumé par cette formule : Suivez l'argent (Follow the money).
Le suffixe -gate est depuis lors entré dans la culture populaire, étant accolé à la dénomination de toute forme d'affaire d'État ou de scandale d'ampleur.
C'est asymétrique :
Les deux joueurs s'affrontent en pleine affaire du Watergate. Le premier joue le rôle de Nixon et chercher à terminer son mandat sans encombre. Son adversaire incarne la presse et doit rassembler suffisamment de preuves pour forcer Nixon à démissionner.

-comment ça marche ?
Le jeu comporte un plateau qui représente un tableau au centre duquel se trouve la photo de Nixon et sur ses bords les photos des informateurs. Des jetons preuves vont y être épinglés, face visible pour les journalistes et face cachée pour Nixon. Sur un côté on a une piste ou se trouvent ces jetons ainsi que des marqueurs "initiative" et "opinion".
Pour récupérer ces éléments, il va falloir les amener de notre côté de la piste, comme à un tir à la corde.
Chaque joueur a un deck de 20 cartes personnalisé. Le joueur qui a l'initiative tire une carte de plus pour faire sa main. Les cartes peuvent être jouées pour un effet immédiat ou pour déplacer les pions et/ou jetons sur la piste. Certaines cartes vont être retirées du jeu après utilisation.

-c'est qui qui gagne ?
Nixon gagne si il a 5 jetons opinion sur sa carte, ou si il n'y a plus de jetons disponibles (il y en a 8).
Les journalistes gagnent si ils relient la photo de Nixon à deux informateurs grâce aux preuves.

-c'est comment ?
Et bien, très réussi ! Il parait que ce jeu reprend des mécanismes de Twilight Struggle, et du coup il attire les suffrages des "gros"joueurs.
Nous n'avons pas (encore) réussi à faire gagner Nixon, mais ce n'est pas représentatif, la plupart des chroniqueurs trouvent en effet Nixon plus facile à jouer.
C'est un jeu de course, il faut bien surveiller son adversaire.
Les deux decks sont équilibrés, chacun est intéressant à jouer, les effets des cartes sont bien expliqués et variés, et ainsi maintiennent l'intérêt au long de la partie.
Les règles sont bien écrites, et près de la moitié du livret est consacré à des rappels et notes historiques. D'ailleurs les photos et les noms utilisés sur les cartes et indices sont authentiques.

-ça vaut quoi ?
C'est facile à prendre en main, très tactique, dynamique, fluide, les textes sont clairs. Le rare mécanisme de tir à la corde est malin et très adapté. Le thème -original- est très présent et bien rendu. Le look du jeu est aride (ou vintage ?) : pas de fioriture, c'est efficace. La typographie du livret évoque un texte tapé à la machine. Le tout est bien documenté, l'iconographie photographique est irréprochable.
Le matériel est de bonne qualité, dans une petite boite bien pensée : cartes agréables à manipuler, pions en bois, plateau épais, aide de jeu, sachet en tissu,...
Comme dans tous les jeux de ce type, il est conseillé de lire toutes les cartes de son deck avant de jouer pour bien comprendre leurs effets et les possibilités d'interaction.
Le petit truc en plus c'est le fait qu'au fil du temps notre deck va s'amenuiser, parce que nous allons jouer les effets puissants et donc éliminer des cartes du jeu. Du coup notre deck va tourner plus vite mais nous allons avoir plus de mal à récupérer pions et indices. Il va donc falloir tenir sur la longueur et doser entre gros coups et durée !
Et, enfin, on aime bien le petit côté uchronie potentielle de la chose, comme dans tout bon wargame historique qui se respecte arriverons nous à réécrire l'histoire et sauver le poste de Nixon ?

vidéorègle et partie : LIENS en dessous

Publié dans jeu

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