(oiseaux + bols) x guitares = art contemporain + musique

Publié le par martine chiorino

(oiseaux + bols) x guitares = art contemporain + musique

Céleste Boursier-Mougenot, né  à Nice, est un compositeur et un plasticien français d'envergure internationale. Il vit et travaille à Sète. Il a représenté la France à la biennale de Venise 2015.
Présentés depuis près de 20 ans dans les lieux d'art contemporain, en France et à l’étranger, ses travaux sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été, de 1985 à 1994, le compositeur de l'auteur et metteur en scène Pascal Rambert, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations.
À partir de situations ou d'objets divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer des formes sonores qu'il qualifie de "vivantes". Déployé en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à l’entendement du visiteur, le processus qui engendre la musique.
Parmi ses œuvres les plus représentatives : from here to ear (“d’ici à l’oreille”), grande volière dans laquelle le public entre pour côtoyer des oiseaux dont les incessants déplacements produisent une musique.
Depuis quelques années, il étend sa pratique à la chorégraphie, en appliquant à des objets en mouvement sa démarche « compositionnelle ».

En 2009 il installe from here to ear à Nantes sous les halles du Bouffay,  et revient en 2018 avec une exposition monographique à la Hab galerie.
From here to ear transformait les halles du Bouffay en une vaste volière. Présentée à plusieurs reprises, cette œuvre prenait ici une nouvelle ampleur puisqu’elle se développait pour la première fois en extérieur.
Quarante oiseaux, des mandarins, se déplaçaient de leurs nichoirs vers cinq guitares électriques qui faisaient office de perchoirs. Ils créaient ainsi une composition sonore aléatoire, guidée uniquement par la façon dont l’artiste avait accordé les instruments. Dans cet environnement créé spécialement pour eux, les étuis des guitares devenaient des abreuvoirs, comme de petites mares qui trouent un paysage maritime. Sur un chemin de bois, le visiteur pouvait déambuler dans la volière : ses mouvements interféraient avec ceux des oiseaux et de la composition.

Il réalise aussi une série dérivée dans le temps d'installations dont un des derniers avatar est CLINAMEN. L’œuvre se présente comme une piscine bleutée, à la surface de laquelle des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant ainsi un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif.
La simplicité apparente de l’installation est inversement proportionnelle à la fascination qu’elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l’effet d’un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains.
Rien ou presque n’est laissé au hasard dans le processus de composition très élaboré de ces piscines, pourtant nées dans l’appartement même de l’artiste. Car c’est en compositeur que Céleste Boursier-Mougenot configure les différents paramètres qui permettent la transformation de ces objets ready made en un instrument sophistiqué capable de générer ses propres sonorités sans qu’aucun interprète n’intervienne. L’œuvre est d’emblée envisagée comme la transposition d’une partition en un dispositif visible qui génère une forme sonore.

VIDEOS EN DESSOUS

Publié dans art, musique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article