série mon amie : quoi de neuf sous le parapluie ?

Publié le par martine chiorino

série mon amie : quoi de neuf sous le parapluie ?
série mon amie : quoi de neuf sous le parapluie ?

pas de nouveauté fracassante en ce moment !
mais deux réussites...

UMBRELLA ACADEMY :
le pitch :
Des enfants, nés tous le même jour au même moment (de femmes qui n'étaient pas enceintes) et possédant des super pouvoirs, sont rassemblés (adoptés ?) par un milliardaire mystérieux et composent un équipe de justiciers. Ils sont 7, le numéro 7 est attribué à Vanya qui, elle, ne semble pas avoir de capacité particulière et ne participe donc pas aux aventures de l'académie. Au moment ou la série démarre, l'un d'entre eux est mort, un autre a disparu, et les survivants se retrouvent, adultes, pour l'enterrement de leur père adoptif et pour (fort classiquement) éviter la fin du monde, mais ils sont poursuivis par un duo improbable de tueurs en costars à têtes de peluches...
ce qu'il faut en retenir :
Vus en binge watching les 10 épisodes de 1 H sortis en février sur Netflix, (c'est un feuilleton, il faut tout regarder dans l'ordre), c'est plutôt bien !
On retrouve en nombre (y'en a vraiment beaucoup !) des ingrédients assez classiques dans le domaine de la SF/ fantastique / horreur / post-apocalyptique (robot androïde, fusée interplanétaire, tentacules look Cthulhu, voyage dans le temps, fantôme, créature à la Frankenstein, ectoplasme, extra-terrestre, mutant, fin du monde, animal amélioré, etc), mais accumulés et mixés de façon novatrice et le tout dépote pas mal. Les personnages des tueurs, Cha-cha et Hazel sont l'objet d'une intrigue annexe plutôt réussie. On trouve aussi un mannequin de vitrine de supermarché et des donuts...
Les références sont nombreuses et vont de PULP FICTION de Tarantino en passant par LA ROUTE, L'ARMEE DES 12 SINGES, SEUL AU MONDE ou par BATMAN ou les X-MEN avec un zeste d'ASIMOV, et parfois ce petit côté choral à la SENSE8. C'est plutôt bien écrit, malin, parfois drôle, érudit sans être chiant, et bien fichu, et GAY FRIENDLY !
On retrouve, dans un casting réussi, l'excellente ELLEN PAGE (série RE-GENESIS, films INCEPTION, JUNO, Kitty Pride dans les X-MEN) dans le rôle de Vanya, ROBERT SHEEHAN (série les MISFITS) tout à la fois énervant car hystérique et attachant dans le rôle du so queer Klaus, CAMERON BRITTON (Ed KEMPER dans MINDHUNTER) qui campe un Hazel décalé et touchant, et aussi les excellentes SHEILA MC CARTHY (plein de choses, dont la série LA PETITE MOSQUEE DANS LA PRAIRIE) qui crève ici l'écran dans le rôle d'Agnès la dealeuse de donuts et KATE WALSH (GREY'S ANATOMY, PRIVATE PRACTICE, 13 REASONS WHY, etc) dans le rôle de la directrice de la commission, flamboyant personnage qu'on dirait sorti de HUNGER GAMES.
Pour finir, notons en guest star qui ne démérite pas la chanteuse MARY. J. BLIGE dans le rôle de Cha-cha, personnage à qui elle donne une vraie épaisseur.

Du coup j'ai acheté la BD de Gérard Way et Gabriel Ba dont est tirée la série, rééditée à l'occasion de la sortie de la dite série, et qui est assez différente (la trame générale et les protagonistes sont les mêmes), un peu plus steampunk, mais bien aussi. On remarque juste le "inclusive washing" pour le passage à l'écran, puisque tous les "enfants" sont blancs (voire blonds) dans le comics et que dans la série on trouve un gay, un latino, une black et un asiatique...et un semi-gorille, mais ça, c'est dans les deux en fait...
Le graphisme assez réussi fait penser à Mike Mignolia, et, donc, de fait , le tout évoque Hellboy...
N'hésitez pas à jeter un coup d'oeil, vous saurez ainsi qui est Dolorès, qui a tué Kennedy et comment la tour Eiffel devenue folle s'est envolée...

série mon amie : quoi de neuf sous le parapluie ?

HOMECOMING :
le pitch :
Un centre de réinsertion / aide au retour à la vie civile pour des militaires US ayant terminé leur contrat (des vétérans, donc...) a embauché en 2018 Julia Roberts (nan, je plaisante, le perso s'appelle Heidi Bergman) comme psychologue...Mais 4 ans plus tard (donc dans notre futur, si vous suivez...), elle est (serveuse) vendeuse de donuts (encore eux, décidément, c'est un complot) dans un boui-boui (diner) d'un port de pêche miteux et semble avoir tout oublié...mais un obscur enquêteur du ministère de la défense s'obstine : que se passait il vraiment dans ce centre ?
ce qu'il faut en retenir :
Homecoming, la nouvelle série du créateur de Mr Robot, Sam Esmail, est l’adaptation d’un podcast éponyme en 2 saisons diffusé l’an passé, « une pièce radiophonique où la tension dépend de la psychologie des personnages, pas de l’action », explique le réalisateur.
Cette série riche en références télévisuelles  (Lost, le Prisonnier, En Analyse) s’inspire aussi des thrillers d’Hitchcock, De Palma ou Pakula, à qui Sam Esmail rend hommage dans sa BO, intégralement constituée d’airs de Pino Donaggio, Michael Small, et autres compositeurs qui ont accompagné les carrières de ces rois du suspense. Il pousse même l'hommage jusqu'à à choisir un extrait de la musique de Carrie au bal du diable pour l’apparition de la mère d’Heidi, interprétée par Sissy Spacek, héroïne du film en son temps...
Au niveau visuel, voici un bel objet filmique, l'image est léchée et les plans étudiés aux petits oignons, avec plein de trouvailles visuelles (une caméra en plongée qui traverse les murs comme un reflet direct du spectateur qui assiste impuissant  à une tragédie, des escaliers en colimaçon vus de haut et un travelling contrarié à la Hitchcock, un split screen dynamique à la De Palma et un clin d'œil à David Fincher avec un plan en hauteur d'une voiture qui rappelle la mythique scène du taxi dans Zodiac).
Dans les scènes situées « quatre ans plus tard », la taille de l’écran est réduite de moitié. « Cette coupe métaphorique symbolise l’enfermement d’Heidi dans une vision réductrice d’elle-même et le fait qu’elle ne perçoive plus les contours de sa propre existence » précise le réalisateur. Le passé, lui, est montré avec toute la largeur de l'écran et une photographie sépia.
Le tout dans un format étrange de 30 mn par épisode (en série, on navigue en général sur du 20 mn ou du 45 mn), pour 10 épisodes.
Une seconde saison est annoncée, mais sans Julia Roberts en tant que comédienne, celle- ci restera productrice de la série.

Tout ça vaut surtout pour Julia Roberts, qui est vraiment très bien, et bien entourée : à noter les prestations remarquables de Sissi Spaceck et -surtout- Bobby Cannavale (Boardwalk Empire) excellent dans le personnage grotesque du patron hystérique greffé à son téléphone, sans oublier Shea Wigham (Fargo), Stephan James (Race) et Jeremy Allen White (Shameless).
Sinon c'est lent et ça part dans tous les sens, avec un bon gros coté parano, ce n'est clairement pas un série grand public / consensuelle, à conseiller en conséquence aux amateurs de LOST / Mr ROBOT.

Publié dans série, lecture

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