triste (beaucoup)

Publié le par martine chiorino

triste (beaucoup)

Jean-Marie Pirot, dit Arcabas, s’est éteint le jeudi 23 août à son domicile de Saint-Pierre-de-Chartreuse, entouré de ses deux enfants, Étienne, sculpteur, et Isabelle, écrivaine et dramaturge.

Né en 1926 en Moselle, le jeune Jean-Marie connaîtra avec tant d’autres les affres de la guerre, enrôlé de force dans l’armée allemande. Une épreuve dont il ne parlait jamais, mais qu’il est difficile de ne pas relier à sa « conversion » à cette « foi joyeuse » qu’il aimera tant peindre.

Après les Beaux-Arts de Paris, le jeune Jean-Marie se retrouve en poste à Grenoble, professeur à l'école des beaux arts, son épouse Jacqueline est alors une des toutes premières psychologues scolaires.

Tombé un peu par hasard sur Saint-Hugues-de-Chartreuse, il convainc le père Truffot, un ancien prêtre ouvrier, et Auguste Villard, le maire conservateur, de lui confier cette petite église.

Avec ses étudiants, qui lui donnent le surnom "Arcabas", Jean Marie Pirot mène une première campagne, qui se terminera par l’accrochage de plus de 140 m2 de toile de jute peinte (les murs se révélant trop humides pour accueillir les fresques initialement projetées), la réalisation des vitraux et l’installation d’un premier mobilier liturgique.

Saint-Hugues-de-Chartreuse
Saint-Hugues-de-Chartreuse
Saint-Hugues-de-Chartreuse

Saint-Hugues-de-Chartreuse

Son œuvre sur place, commencée en 1953, est terminée en 1986.

Michel Couëtoux, vice-président (PCF) du Conseil général de l’Isère, en charge de la culture, et Louis Mermaz, son président (PS), lui permettront d’assurer la pérennité de l’ensemble par une donation au Département qui transformera  l’église (elle reste consacrée) en musée départemental.

Cependant, dauphinois de cœur, l'artiste est très présent dans différentes collections privées ou publiques en Rhône-Alpes : préfecture de Grenoble (fresque et toile), basilique de la Salette (peintures et vitraux), église œcuménique de Chamrousse (mur de lumière, tabernacle et toile), église de Pontcharra (retable), églises de Moirans, du Sappey, de l'Alpe d'Huez (vitraux de l'Église Notre-Dame-des-Neiges de L'Alpe d'Huez).

Arcabas a exercé différentes formes d'expression plastique telles que la gravure, la sculpture, le vitrail, la tapisserie, la verrerie, l'ébénisterie et la mosaïque. Il a également créé des décors et costumes de théâtre. La peinture reste cependant son moyen d'expression privilégié.

Son travail, qui s'inspire des paraboles et récits de la Bible, se présente souvent de manière linéaire et narrative : généralement sous forme de fresques, de cycles de tableaux et de polyptyques complétés par des prédelles. Arcabas réintroduit généralement une part de profane dans le traitement de sujets sacrés : éléments et figures de la vie quotidienne actuelle, allusions à des thèmes d'actualité ou à une universalité qui dépasse largement les cadres bibliques.

L'usage de la couleur doit également être remarqué : les toiles de l'artiste se caractérisent par leur intense palette de couleur, et par l'application de feuilles d'or, qui font de son travail une véritable œuvre sacrée.

Publié dans art

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article