j'l'écoute en boucle # 27

Publié le par martine chiorino

j'l'écoute en boucle # 27

LIO CANTA CAYMMI

Chez le très excellent label belge crammed discs, LIO, qui on le rappelle est belge d'origine portugaise (Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos pour l’état civil), revient en 2018 avec un album consacré à DORIVAL CAYMMI, idole de la musique populaire brésilienne des années 1930, poète inspiré par la mer et les pêcheurs, inconnu par ici, mais adulé au Brésil.
A la fois précurseur de la bossa-nova, ami intime de Jorge Amado, qui lui a écrit des textes, et idole de Caetano Veloso, il a été repris par Joao Gilberto. Son œuvre traite de la beauté de l’existence.

Douze chansons sur ce  CD, arrangées par Jacques Duvall, chanteur et parolier belge, fidèle acolyte de LIO, qui lui doit entre autres son hit Le Banana split.

Des titres parfois mélancoliques, dont certains couplets sont traduits en français, pour une formule qui fait mouche.
Lio canta Caymmi n’est pas un album moderne. Ici, zéro frime, pas d’éclats. Pur, cet album conçu loin d’un show-business auquel Lio n’appartient plus tout à fait s’appréhende comme «une bulle créée afin de nous protéger de ce qui fait mal». Douceur et mélancolie y règnent. Douleur et regrets aussi.
On pense à Céu ou Cibelle.

LIO, il y a quatre décennies, incarnait avec peu d’autres la pop dans l’Hexagone. Découverte à 16 ans avec Le Banana split (1979, 5 millions de singles vendus), la gamine issue d’une famille de l’aristocratie portugaise émigrée à Charleroi devait incarner l’insolence des années 1980. Racée, cultivée, grande gueule, elle enchaînait les hits – comme Amoureux solitaires en 1981, s’invitait chez Téléphone (le clip Cendrillon, 1982), tournait avec Claude Lelouch (Itinéraire d’un enfant gâté, 1988) ou trustait les plateaux télé.
Depuis, il y a eu les collaborations formidables avec Etienne Daho (Des fleurs pour un caméléon, 1991), l’honnêteté d’un disque consacré à Prévert (Je suis comme ça, 2000) ou des aventures inégales menées au cinéma (Les Invisibles, de Thierry Jousse, 2005).
Puis divorce avec les majors que la brune avait grassement nourries, déchirements personnels étalés dans la presse à scandale, emménagement contraint à Bruxelles, participation durant trois saisons à un télécrochet pour payer les factures et exister médiatiquement...puis cet album désarmant et sincère...Superbe !

 

Publié dans musique

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