art : d'un château l'autre...

Publié le par martine chiorino

art : d'un château l'autre...
art : d'un château l'autre...

Le château, l’œuvre de Jorge Méndez Blake fait barrage à la progression des visiteurs, monumental mur de briques incurvé en son milieu par une étrange « cale ». De près, on peut alors s’apercevoir que la responsable n’est autre que l'édition espagnole du livre de Kafka intitulé aussi le château, matériau organique introduisant des courbes dans cet océan minéral de briques rouges qui se voulaient alignées de façon rectiligne..
D’emblée, les interprétations affluent face à une pièce chargée de symboliques mêlées : la littérature semble s’opposer à l’architecture dans laquelle elle représente une possible brèche. Mais le livre de Kafka est aussi le symbole de l’enfermement bureaucratique dont on ne s’échappe jamais vraiment : ici littérature et architecture se rejoignent en des pistes de lecture convergentes.
Un individu peut résister à la pression des structures sociales, et une oeuvre culturelle peut déstabiliser l’ordre établi.

Cette installation a été créée en 2007, et a été depuis installée dans différents musées tout autour du monde au fil du temps. A chaque fois, le mur est construit en empilant les briques à cru, sans liant entre elles, et le livre est toujours le même. La hauteur est aussi la même, soit 1, 8 M, par contre la longueur varie selon les musées. La plus longue installation faisait 23 M de long, et avait nécessité 5 000 briques pour sa construction.

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"J'ai toujours été intéressé par les différences d'échelle. Comment un petit objet peut transformer quelques chose de bien plus grand" explique Blake.
"(J'ai choisi ce livre car) le personnage principal s'oppose à un système anonyme et combat sans le savoir une structure entière. Le livre fait le même travail."

art : d'un château l'autre...
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L’artiste mexicain condense dans cette pièce ses deux obsessions majeures : architecture et littérature. Architecte de formation, le résident de Guadalajara est un grand lecteur de Borges, Perec, Poe, Melville, Hawthorne, Stevenson et bien sûr de Kafka.

Techniquement, l’artiste a chaque fois tenté de traduire l’essence d’une œuvre majeure en sa résultante architecturale, développée à partir d’une image unique qui la condense intégralement : ainsi de ce phare noir (Black lighthouse, 2015), signe de l’addiction de Virginia Woolf à la promenade marine, de cette maquette écarlate de la maison d’Emily Dickinson (Emily’s Dickinson’s house, 2015) que cette dernière n’a jamais quittée ou encore de ce face à face entre ces deux balcons, espèce de pyramide écartelée qui résume de manière tellement juste l’infranchissable distance des amants de Shakespeare (Double Balcony, 2015).

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Publié dans art, lecture

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