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Publié le par martine chiorino

dans le cadre d'un club de lecture sur l'Italie, j'ai choisi la BD PRIMO LEVI, de deux jeunes auteurs italiens MATTEO MASTRAGOSTINO ET ALESSANDRO RANGHIASCI (inconnus en France).
inutile de présenter PRIMO LEVI, grand écrivain Turinois, l'auteur immortel du classique  "si c'est un homme" dans lequel ce chimiste italien juif y raconte comment il a vécu (survécu à) son internement au camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, qui sera suivi de "la trêve" ou il va narrer son voyage de retour en Italie.
cette BD à couleur auto-biographique prend un parti pris de départ intéressant : les auteurs racontent ce qu'aurait pu être une intervention de PRIMO LEVI sur son parcours et les camps à la fin de sa vie ( il est décédé-il se serait suicidé-en 1987 à Turin) dans l'école ou il était élève enfant, sachant qu'il a réellement du intervenir dans plus de 130 écoles et donc ce parti pris est bien cohérent avec sa façon de voir son rôle de témoin.
ce n'est donc pas une biographie linéaire et exhaustive, mais une oeuvre qui comme pour le théâtre classique utilise la règle des trois unités, et ainsi vise à ne pas éparpiller l'attention du spectateur, l'autorisant à se concentrer sur l'intrigue pour mieux le toucher et l'édifier.
cette règle permet de respecter la bienséance et ainsi de ne pas choquer le spectateur : les batailles et les morts (ici les flashbacks sur les camps) doivent se dérouler hors scène et être rapportées aux spectateurs sous forme de récits, ce qui est bien le cas ici .
ce procédé de "récit dans le récit " fait irrésistiblement penser à penser à MAUS de SPIEGELMAN, qui reste la BD étalon sur le thème de la shoah.
l'effet est accentué par le fait d'avoir choisi des enfants comme "spectateurs" ou "candides", puisqu'ils le sont  par définition (candides), le trait n'est pas trop poussé, les dialogues sont crédibles et alimentent de façon intéressante le récit .

c'est très réussi : on sent que les auteurs ont beaucoup lu PRIMO LEVI et se sont vraiment documentés, le récit est bien construit, le dessin de qualité, sobre et intéressant vient bien appuyer le texte et même pour les scènes les plus dures ne démérite pas : il montre sans illustrer.

ces deux jeunes Italiens nous offrent un album de bonne tenue, clair et documenté pour une première approche de la shoah-de l’incommensurable, et bien sur il faut le faire suivre par les lectures de "si c'est un homme" et de "la trêve" et de MAUS de SPIEGELMAN,

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